Les épreuves et les voyages d’un directeur national


Même si mon voyage aller-retour à Grindelwald a été long et mouvementé, je n’avais pas l’intention d’écrire sur ce sujet jusqu’à ce que je débarque à Calgary, le 14 mars, après les Nationaux, par le vol en provenance de Kelowna. Retournons au tout début : Le mardi 23 février à 14 heures, billets en main ( achetés en toute confiance en octobre à mon agence de voyage ), j’embarque dans un avion turbo d’Inter-Canadian pour le vol vers North Sydney et Halifax, en route vers Toronto puis Zurich. Hé, mais attendez un peu !! Vous vous demandez certainement, s’il va en Suisse, pourquoi se rend-il jusqu’au milieu du Canada pour y aller ? C’est la direction opposée ? Petite mise au point … Ce n’est pas toujours très simple de se rendre à certaines destinations à partir de Terre-Neuve. Air Canada n’a pas de vol de Stephenville, alors voici l’itinéraire : Stephenville-North Sydney-Halifax avec Canadian Airlines. Halifax-Toronto-Zurich, retour Zurich-Toronto-Halifax ( point d’origine ) avec Air Canada. Puis Halifax-Toronto-Vancouver-Kelowna, retour Kelowna-Calgary-Toronto-Halifax-North Sydney-Stephenville avec Canadian. Deux vols de retour très longs mais avec différentes compagnies, qui faisait que le prix du billet était de beaucoup moins cher. Notre constitution stipule que tous les directeurs doivent se procurer des billets le moins cher possible. De retour au 23 février. J’arrive à Halifax à 16 heures, ramasse mes skis et bagages avec la compagnie Canadian et me fraie un chemin vers Air Canada. Je remets mon billet à l’agent au comptoir, qui me regarde d’un air déconcerté, et j’ai tôt fait de savoir pourquoi. Elle me dit que mon vol d’Halifax vers Toronto est daté du 22 février ( vous vous souvenez de la chanson des Beatles, Yesterday ) et aujourd’hui, tous les vols sont complets. Mais il y a pire, mon vol de 20 heures de Toronto vers Zurich n’existe plus depuis novembre, personne n’a pris la peine de m’avertir ( merci à mon agence de voyage …). Maintenant je bouille ( je vous jure que je voyais bleu ), la dame d’Air Canada trottine vers le comptoir de Canadian, où ils ont un vol en direction de Toronto qui part dans 15 minutes. Air Canada pourrait m’envoyer sur ce vol, et lorsque j’arriverais à Toronto, elle me dit que je pourrais avoir un autre vol d’Air Canada jusqu’à Londres, puis de Londres jusqu’à Zurich sur les ailes de Swiss-air, leur partenaire. Tout cela sur le même billet et seulement avec deux heures de plus que mon horaire original, remarquable ! Et plus est, mes skis et bagages seront expédiés directement à Zurich sur un autre vol, qui arrivera deux heures avant moi, le croyez-vous? Ils sont imbattables.

Mercredi, 24 février. J’arrive à Zurich à 11 heures, j’attends pour mes skis et bagages, ils n’arrivent pas, étrange ! J’ai cependant avec moi un sac à dos contenant deux paires de bottes de skis et une trousse à rasage ( cela devrait faire pour quelques jours ). Ça prend plus que ces petits inconvénients pour ébranler ce cher directeur national. Au bureau des bagages perdus, je donne une description complète. La jeune femme vérifie et m’assure que le tout arrivera demain matin, le 25 février, et qu’elle aimerait avoir une adresse pour livraison. Je suis au courant que la route et le système ferroviaire vers Grindelwald sont fermés dû au risque d’avalanche, mais je prends le train pour un voyage de trois heures vers Interlaken , une ville à 20 kilomètres de Grindelwald. Je lui dis que je téléphonerai avec une adresse dès que j’en aurai une. Ai-je mentionné que je ne dors pas à bord d’un avion ? J’ai eu un petit 15 minutes de sommeil sur le train. Arrivée à Interlaken à 16 heures, je rencontre quatre confrères canadiens de la C.-B. et deux des É.-U. Il y a des bruits qui courent que Grindelwald n’est accessible que par hélicoptère. Pourquoi pas ? Nous sautons dans un petit autobus en direction d’Heliport. La confusion générale qui y règne a été décrite un peu plus tôt dans l’article sur la Coupe du monde des maîtres. Pour faire une histoire courte, un directeur national un tout petit peu exaspéré, pose 100 franc suisse sur la table et dit « nous allons à Grindelwald » ! Les autres ont déboursé le même montant, nos noms ont été biffé de la liste des maîtres, et on nous demande de nous rendre sur la passerelle. Quatre de notre groupe partent dans un hélicoptère, et trois de nous embarquons dans un autre. Nous levons environ 50 pieds dans les airs lorsque le pilote commence à taper un des boutons de commande : il n’y a presque plus d’essence. On redescend à terre, nous sortons de l’hélicoptère, il va faire le plein et devrait être de retour dans vingt minutes. Comme nous attendons dans la tempête de neige, la noirceur approchant, je me dis qu’avec toute la chance que j’ai eu jusqu’à présent, je n’espère plus me rendre à Grindelwald aujourd’hui, et peut-être même jamais. Et c’est alors qu’il apparaît, venant de nulle part, un autre hélicoptère ! Nous embarquons et sommes transportés à toute allure dans la vallée de Grindelwald en huit minutes, quel bonheur !

La réceptionniste de l’hôtel place un appel au bureau des bagages perdus à l’aéroport de Zurich pour donner mon adresse. Mes skis et bagages arrivent dans ma chambre à 16 heures le 25 février. La typique efficacité suisse.

Samedi le 6 mars à 5 heures du matin. Je prends le train en direction de Zurich, le vol de midi d’Air Canada vers Toronto, j’arrive en pleine tempête de neige, départ de Toronto et arrivée à Halifax à 22 heures. Je prends quatre heures de sommeil chez mon fils à Halifax, puis direction de l’aéroport à 6 heures dimanche, le 7 mars dans la même condition de tempête qui avait frappé Toronto. Heureusement, nous décollons à 7 heures 30, puis c’est Toronto, Vancouver et Kelowna, et j’arrive à Silver Star à 17 heures. C’est plus amusant de voyager vers l’ouest, vous gagner du temps. Les Nationaux étaient supers. Dimanche, 14 mars, 4 heures du matin ?? Un autobus nous ramasse à l’hôtel, arrivée à l’aéroport internationale de Kelowna à environ 5 heures dans l’averse, et nous sommes nez à nez avec des portes verrouillées. Une demi-heure d’attente sous un petit abri et l’agent de sécurité arrive avec les clés, au grand soulagement de cinq maîtres tombant de sommeil. Nous nous demandons toujours pourquoi nous avons du quitter Silver Star à 4 heures pour le vol de 7 heures 20 ?

Pas une place de libre sur le Dash 8 de Kelowna vers Calgary. J’espère que le vol n’aura pas de retard car j’ai à effectuer un transfert rapide à Calgary. Nous sommes les derniers à débarquer, et près de vingt pieds de l’avion, je me retourne pour voir s’ils déchargent les bagages ( mon sac à dos contenant les bottes de skis, la trousse à rasage et une caméra, pas de photographies ), et juste devant nous, le Dash 8 qui se met à faire une drôle d’imitation de cheval qui rue sur ses pattes de derrière. Apparemment, la soute à bagages était remplie à pleine capacité, et lorsque tous les passagers débarquèrent, le poids des bagages à l’arrière de l’avion fait en sorte que la queue de l’avion descende par terre. Je regarde la cabine de pilotage, qui était dans les airs, et le pilote avait le même regard déconcerté que l’agent au comptoir d’Air Canada, au premier jour de mon voyage. Le temps semble s’immobiliser pour un instant, puis les hôtesses de l’air nous demandent de quitter la passerelle et d’aller à l’intérieur de l’aéroport. Je me rappelle soudainement que j’ai un transfert à effectuer et toujours pas de sac à dos. Pour conclure cette histoire, un des préposés aux bagages a pu prendre mon sac et j’ai pu prendre mon vol vers Toronto. Le vol vers Halifax avait du retard mais tout se déroule sans encombres et j’arrive à Stephenville un peu avant minuit. Et mes bagages ? Bien voyons, vous savez bien qu’ils n’étaient pas là ! Ils n’ont pas réussi à faire le transfert à Calgary. Je les ai reçus chez-moi le lundi 15 mars en après-midi. Mais je m’en balançais, je n’avais pas besoin de mes skis, j’étais de retour dans la verdure. Toute une aventure n’est-ce pas ? Peut-être devrais-je faire parvenir cette histoire aux compagnies aériennes impliquées et demander pour des points de vol quadruples.

Jack


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