Association canadienne des maîtres en ski de fond (ACMSF)

BULLETIN DE NOUVELLES SEPTEMBRE 1999


La trilogie Birkebeiner - Par Irvin Servold, Devon, Alberta ,Ancien champion nordique en ski et en saut

J'espérais avoir une bonne saison de ski, avec des températures raisonnables, un peu de vent et beaucoup de neige. L'entraînement a commencé en essayant de se frayer un chemin sur les pistes et en skiant dans les premiers bancs de neige. Après avoir balloté un sac de 5.5 kg sur la piste de 55 k de la réserve de pâturage des blackfoot, le Birkebeiner canadien s'est transformé en point de départ. Mon ami, John Toonan avait fait des plans pour participer au Birkebeiner américain, un marathon de ski-patin. Plein d'idées me passent alors par la tête. Allons-y ! J'avais accumulé assez de millage aérien, Edmonton-Minneapolis allez-retour. Puis un jour, tandis que je skiais, je me suis dit pourquoi pas aller en Norvège pour le bon vieux Birkebeiner ? Peu après, c'était chose faite.

Il y a beaucoup de monde au départ du Birkebeiner américain (7 500) selon le chrono de départ. Comme un tapis roulant, les skieurs défilent. Tout en conservant un style classique, nous skions sur le bord des pistes, ces dernières souvent complétement recouvertes. La première montée, les patineurs attendant derrière ceux qui montent lentement la côte en canard. Ici, nous passons les patineurs, au prochain plat ou descente, les patineurs nous dépassent, et ainsi de suite, pour finalement accéder à la dernière parti du parcours, soit le lac, et nous sommes dans l'eau et la glace mouillée pour environ 2 k. Après avoir pataugé à travers le lac, nous sommes sur la neige solide. Puis finalement sur la rue Principale de Hayward, sous les acclamations et les sons de cloches à vache. Un peloton très serré se forme, accélère et termine la course.

e m'envole ensuite vers la Norvège, en passant par New York et sur les ailes de SAS vers Oslo où un membre de ma famille m'accueille à la porte de l'avion. Je passe au guichet de contrôle et me dirige vers l'aéroport. Je demeure avec un ami dans une ferme à l'ouste d'Oslo. Il est tombé 1.75 mîtres de neige et à suelement 1 1/2 k de la ferme je peux skier sur une piste éclairée. La piste est skiable presqu'à tous les jours! À quelques montagnes de là, je participe à une course «Vestergellan» de 37 K à Asker. J'y ai vu les monstres ganglis en ski filer comme un éclair, les uns après les autres; les skieurs plus jeunes commençant la course après les plus vieux. Il y a plusieurs skieuses et skieurs coriaces là-bas ! Ils ne font pas beaucoup de bruit, mais il sont sérieux !

Je participe à un autre événement : le « Gol Fjell Rundt » autour de la montagne Gol. Tout près d'où ma grande-mère est venue au monde. Alors, grâce à un parent, je rencontre un groupe de « Veteraner » (maîtres) et me dirige vers la base de la montagne. Un trajet de 32 K. Plusieurs kilomètres de neige blanche et pure, de longues montées et de descentes rapides, et qui se termine par une courbe très serrée vers la droit et à plein vitesse sur une route glacée - «oof», je me retrouve sur le dos dans un banc de neige, sur le bord de la route, mais où sont les clignotants ? Après la remise des prix dans un restaurant, tout le monde disparaît dans les vallées parsemées de fermes. À bientôt Rena !

Je prends le train jusq'à Hamar, l'Express Trondheim, puis on transfère dans un wagon diesel, en direction de Rena. Ici, tous les «Norskies» sans prétentions attendant de faire leur pèlerinage à travers les trois montagnes doucement arrondies. Parmi ces gens, nul autre que mon vieil ami Vic Emery, qui m'invite d'ailleurs à me joindre à lui dans son train traversant les montagnes. À 20 heures 30 (deux heures plus tard), mes amis skieurs de Valdies arrivent enfin à la salle d'inscriptions. Quelques heures plus tard, nous sommes dans l'immense gymnase du nouveau camp militaire où attendant pluisieurs milliers de matelas ; on déballe, on sort le goûter de nos sacs, on apporte nos skis à l'extérieur, et on cire.

Neige fondante à Rena, et on prévoit de la température froide. Le Klister et la cire semblent être une combinaison gagnante, tout est fait, on va au lit. Levée à 6 heures, on sort un petit déjeuner rapide pigé de notre sac, on emballe tout l'équipement de nouveau et on s'embarque dans l'autobus jusqu'à la course. Il y a une mer d'autobus dans le stationement, il y a aussi des gens qui marchant pluisieurs km, des skis et des sacs. Une évaluation rapide de la neige et une retouche finale cire-liège-cire-liège.

Mon vieil ami Asbjorn Nordheim est dans un des 3 groupes qui a pris le départ. Nous voilà dans une montée de 15 km avant d'atteindre le premier terrain plat. Puis on attaque à toute vitesse une descente et la piste me semble cahoteuse, alors je me dirige vers ce qui me semble une neige moelleuse, mais ce n'est pas une si bonne idée que ça, car tout à coup, je me retrouve en plein vol libre sur environ 30 mètres, sans chance pour un «telemark». Après m'être finalement immobilisé, je bouge doucement une jambe puis l'autre pour verifier que tout fonctionne bien. Les skis, fixations et bâtons sont intacts. Je me ramasse tant bien que mal, reprends tranquillement mes esprits et prends la route en direction du prochain poste de ravitaillement. Mon petit sac à nourriture est vide ! Ma source spéiale d'énergie que mon épouse Eleanor avait préparé pour moi, et ça, c'est pire que ma chute. Après quelques pleurnichements, j'entends le «dit. dit. dit. dit. » du mécanisme attaché à nos chevilles indiquant notre chrono, lequel se déclenche en passant devant la station. Les élites, enfants terribles du ski commencent à passer et ils semblent bien pressés. C'est qu'il y a des prix en argent à deux stations intermédiaires et en plus, un pour le meilleur chrono. Enfin, une descente de 10 km, les skis vibrent, mais je reste en piste. C'est encroyable de voir une vieille dame devant moi, à pleine vapeur, de niveau avec les élites du ski, prenant les courbes en volant, sans crainte ! J'étais juste derrière, tandis qu'elle tenait toujours bon avec groupe de skieurs sur trois voies. Durant ce temps, ju pensais à ce que je pourrais faire au cas où il y aurait un empilage : sauter par dessus le tas ou me jeter dans les buissons. Les derniers 4 k à travers la forêt étaient relativement plats, une petit montée et quelques courbes en fotme de «S» menant au stade Olympique pour la finale du 58 km et le ruban.

On me conduit à la station de premiers soins, et de là on me réfère au médecin de garde. Après un bref examen, on me donne congé. J'ai la joue et le front égratignés et l'ceil gauche au beurre noir. Maintenant, je sais pourquoi mon ceil gauche faisait mal lorsque je skiais surtout dans les sentiers à découverts, sur le dessus de montagnes oû la neige soufflait de la droite ! Une douche, un petit goûter et le guet des résultats. Je récolte un diplôme et un autre pour le chrono (10 $). Je prends des dispositions pour voir mes parents. Ils viennent me chercher et on fait le tour de la parenté pour deux semaines. Puis vient Pâques, avec les trains remplis à craquer de bottes de skis, de skis et de sacs. La course vers les cavernes enneigées et les cabanes dans la montage est commencée. Oui, ce fut une bonne saison, malgré cette chute inexplicable.

Il y a plusieurs centres d'hébergement dans es montages enneigées de la Norvège.

Irvin


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